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Les limites de Trails Beyond the Horizon révélées par notre test approfondi

Aliou Sembène

Après l’expérience décevante de Trails Through Daybreak II, Falcom devait redresser la barre avec cet opus. Malheureusement, Trails Beyond the Horizon ne rétablit pas complètement la série malgré quelques améliorations. Le titre se distingue néanmoins par une narration qui progresse réellement, contrairement à son prédécesseur qui avait peiné à maintenir l’intérêt pendant plus de cinquante heures.

Le jeu intègre des dizaines de personnages provenant d’environ treize jeux précédents, issus des univers de Calvard, Crossbell, Erebonia et Liberl. Cette accumulation génère plus de vingt heures d’introduction dédiée aux retrouvailles et présentations. L’excès de fan service prolonge considérablement la prise en main, transformant le début en une succession interminable de dialogues superficiels plutôt qu’en réelle progression narrative.

Même les fans les plus investis risquent de se demander qui sont certains personnages ou de quoi parle exactement le scénario. L’hypothèse de Falcom qu’un joueur se souvient de centaines de personnages et autant de détails spécifiques à la série s’avère simplement irréaliste. Cette présomption d’une mémoire encyclopédique frôle l’absurde pour quiconque a traversé tous les épisodes depuis le début.

La structure narrative suit le modèle de Trails into Reverie avec plusieurs chemins suivant Rean, Kevin et Van simultanément. Chaque route impose des missions annexes, des discussions, des augmentations de liens entre personnages, puis seulement ensuite l’avancée réelle du scénario. Cette formule épisodique devient franchement redondante et prévisible, ne laissant plus aucune place à la surprise pour les vétérans de la série.

Le donjon infini réapparaît sous le nom de Grim Garten, reproduisant la même mécanique que le Reverie Corridor et le Marchen Garten des opus précédents. Falcom affiche un manque criant d’innovation en matière de design, ressassant incessamment la même approche. Un retour aux fondamentaux avec une progression plus linéaire du gameplay s’impose désormais.

Concernant le système de combat, les ajouts restent mineurs comparé à Daybreak II. Les nouvelles mécaniques d’Awakening et de ZOC accélèrent légèrement les affrontements. Cependant, le nombre excessif d’outils disponibles simplifie davantage le défi que complexité. Les boss ne représentent que des réservoirs de points de vie sans véritable challenge stratégique.

Une fois dépassée la trentaine d’heures initiales, l’intrigue enfin progresse véritablement. L’histoire s’envole littéralement vers l’espace et offre des moments marquants parmi les meilleurs de la franchise. Les enjeux deviennent enfin captivants pour les joueurs persévérants, et certains personnages bénéficient d’une conclusion satisfaisante.

Néanmoins, le remake de Trails in the Sky surpasse cet opus sur le plan du rythme, de la clarté du combat, des visuels et du casting plus resserré. De plus, Trails Beyond the Horizon n’existe qu’en anglais pour les occidental, contrairement au premier chapitre du remake désormais français.

Falcom doit prendre conscience que la série nécessite une refonte complète. La récette gagnante reposait sur un world building pertinent, un casting limité mais attachant et une intrigue politique captivante. S’éloigner de ces principes pour privilégier un jeu de personnages fut une erreur avec Daybreak II et perdure avec cet épisode. Le verdict reste nuancé : au-delà des trente premières heures laborieuses, un véritable jeu existe, mais les redondances narratives et ludiques dépassent largement les éléments positifs.

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