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Final Fantasy VII surpassait largement en qualité ses versions remakes ultérieures, selon les connaisseurs du genre

Baptiste Lacomme

Rédiger un bilan sur Final Fantasy VII présente un double défi : soit entreprendre des recherches approfondies pour découvrir des anecdotes méconnues du développement, soit proposer une rétrospective classique destinée aux novices. Dans les deux cas, certains resteront insatisfaits. Face à cette impasse, nous adoptons une approche différente pour cet anniversaire.

Plutôt que de ressasser des analyses déjà connues, examinons pourquoi la trilogie de remakes lancée cette décennie échoue à capturer l’essence du jeu original et les raisons de son succès auprès des joueurs occidentaux. Les remakes ne parviennent pas à égaler l’original, contrairement aux attentes soulevées par une entreprise si ambitieuse.

Square Enix a fait un choix inverse de la concision : les zones sont dilatées, les donjons allongés, et la narration interrompue par des quêtes annexes et des séquences superflues. Cette dilution affaiblit l’impact émotionnel des événements dramatiques, transformant des moments clés en simples péripéties parmi d’autres, sans force particulière.

L’original excellait par ses non-dits délibérés. La nature de Sephiroth, le rôle de Jenova et l’état mental de Cloud restaient fragmentaires et parfois contradictoires. Cette ambiguïté créait une fascination permanente, obligeant les joueurs à assembler eux-mêmes les pièces du puzzle. Les remakes abandonnent totalement cette logique, préférant expliquer explicitement émotions, intentions et concepts mondiaux.

La signature de Nomura introduit une dimension métanarrative problématique. Les émissaires du destin justifient les changements tout en commentant le remake lui-même. Le récit devient une discussion entre Square Enix et les fans sur le destin et le canon, plutôt qu’une histoire cohérente à vivre émotionnellement. Cette transformation fondamentale éloigne le joueur du matériau original.

Sur le plan technique et ludique, les remakes remplissent convenablement leur rôle avec un gameplay modernisé. Le véritable problème réside ailleurs : où le jeu original était concis, sombre et parfois brut, les remakes sont de longues superproductions polies et excessivement conscientes de leur héritage. L’essence du jeu original a cédé la place à la lisse perfection. Ces deux expériences doivent être considérées comme des entités distinctes, le classique restant au sommet tandis que les remakes représentent des variations bien en retrait du génie initial.

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