Bandai Namco poursuit sa politique de remasterisation avec une constance qui interroge. Après les versions remaniées de Symphonia et Graces f, Tales of Xillia Remastered s’inscrit dans la même logique, révélant un manque d’ambition tant sur le plan technique qu’artistique. Ce rapide retour d’expérience met en lumière les limites d’une stratégie qui peine à convaincre les connaisseurs.
La problématique n’est pas nouvelle : les remasters de la saga Tales of souffrent d’un déficit qualitatif manifeste. L’échec de Tales of Symphonia Remastered aurait pu inciter l’éditeur à revoir sa copie, mais la direction prise reste inchangée. Malgré une volonté affichée de moderniser sa franchise phare du RPG, le choix des titres à rééditer suscite l’incompréhension. Pourquoi privilégier Graces f ou Xillia, alors que des opus comme Tales of The Abyss, Destiny ou Phantasia, bien plus anciens, mériteraient une véritable remise au goût du jour ?
Les critiques à l’encontre de Graces f étaient déjà nombreuses, pointant un remaster minimaliste. Pour Tales of Xillia Remastered, l’absence de code presse n’a pas empêché une analyse approfondie via les retours disponibles en ligne. Dès sa sortie, le titre a été largement commenté, notamment sur Nintendo Switch, où il fait l’objet de vives critiques. RPGSite résume la situation : « le jeu est bloqué à 30 fps et offre des performances décevantes dans le cadre d’un remaster (pas d’anti-aliasing, drops constants de framrate…) ».
Performances techniques décevantes sur Switch et Switch 2
Il est important de souligner l’absence de version native pour la Switch 2. Si le framerate y gagne en stabilité, la résolution demeure limitée à 720p sur l’écran de 8 pouces de la console hybride. Les tests confirment des performances médiocres : la rétrocompatibilité de la Switch 2 corrige certains défauts, mais la présentation reste loin des standards attendus pour un remaster digne de ce nom, même pour un tarif de 40 euros.
L’expérience utilisateur s’en ressent fortement. Pour les passionnés, l’idée de ressortir la PS3 pour redécouvrir cet épisode – considéré comme l’un des moins marquants de la série – apparaît paradoxalement plus attrayante que de poursuivre sur cette version Switch 2, jugée laborieuse et peu inspirée.
Versions PS5 et PC : un contraste saisissant
À l’inverse, les éditions PS5 et PC semblent épargnées par ces écueils. Selon plusieurs retours, elles affichent un framerate stable à 60 fps, sans les problèmes rencontrés sur Switch. Ce constat accentue la frustration face à l’inégalité de traitement entre plateformes, et met en lumière le manque d’investissement de Bandai Namco dans l’optimisation de ses remasters.
Ce nouvel épisode s’ajoute à une liste croissante de déconvenues concernant la politique de remasterisation de la licence Tales of. Les efforts consentis apparaissent insuffisants pour revitaliser une série dont le dernier épisode majeur, Tales of Arise, remonte désormais à quatre ans. L’éditeur ne cache d’ailleurs pas que l’ordre de sortie de ces remasters dépend avant tout de la facilité technique de l’opération.
Remasters Tales of : une stratégie qui interroge les experts
Proposer des épisodes secondaires sans véritable travail de réactualisation, tout en négligeant les attentes des joueurs sur Switch, interroge la pertinence de la démarche. Le manque d’ambition technique et artistique laisse sceptique quant à l’avenir de ce projet de remasterisation. Face à cette approche, l’espoir d’une revalorisation des titres emblématiques de la saga s’amenuise, laissant place à l’attentisme et à la déception des connaisseurs.




