Dans le contexte de la relance stratégique de la franchise Battlefield, l’introduction d’un mode Battle Royale semblait inévitable. Pourtant, la proposition de RedSec peine à convaincre par son manque d’innovation, surtout face à l’indétrônable Call of Duty Warzone, dont il reprend sans détour la structure et les codes fondamentaux.
La pression sur Battlefield 6 est considérable. Après l’échec critique de BF 2042, Electronic Arts cherche à restaurer la réputation de la série tout en s’attaquant à de nouveaux marchés. RedSec adopte ainsi un modèle free to play, un battle pass et une boutique de cosmétiques, calquant sa stratégie sur celle de Warzone. Mais la similitude ne s’arrête pas à l’économie du jeu.
Du saut initial sur la carte jusqu’aux derniers instants de la partie, RedSec évoque constamment Warzone. Coffres à ouvrir, plaques d’armure, largages d’armes personnalisées, système de réapparition, mini-missions : chaque mécanique rappelle son concurrent. RedSec ne prend aucun risque et s’aligne sans détour sur la formule déjà éprouvée. Il ne manque plus que le goulag pour parfaire l’illusion.
Battlefield RedSec, une copie assumée de Warzone
Certes, quelques différences existent. Les quatre classes de Battlefield offrent des variations subtiles, et la possibilité d’accéder à des tanks ou véhicules blindés modifie légèrement la dynamique des affrontements. L’interface, notamment les écrans d’amélioration d’armes, se distingue par sa clarté et sa fonctionnalité. Mais ces ajustements restent mineurs et n’insufflent pas une identité propre à RedSec.
Il faut toutefois souligner certains atouts. Le time to kill, sensiblement plus long que chez Warzone, accorde un temps de réaction supérieur et réduit la frustration liée à des éliminations instantanées. Le nombre de tricheurs demeure également plus faible, un avantage notable pour l’expérience de jeu. Enfin, l’optimisation technique est au rendez-vous : les effets visuels du cercle de feu n’impactent pas les performances, et les bugs recensés restent marginaux.
Le Battle Royale, un genre en perte de vitesse
Mais la question centrale demeure : un nouveau Battle Royale en 2025 a-t-il encore une raison d’être ? Si l’on comprend les enjeux économiques derrière RedSec, l’intérêt pour le joueur averti paraît limité. La ressemblance frappante avec Warzone rend la transition peu attrayante pour les vétérans de ce dernier. Les adeptes d’Apex Legends ou PUBG n’y trouveront pas non plus de véritable nouveauté, ayant déjà fait le choix de leur plateforme de prédilection.
À qui s’adresse alors RedSec ? L’exemple d’Hyper Scape d’Ubisoft, lancé tardivement sur la vague Battle Royale, rappelle que l’originalité ne garantit pas le succès, mais que l’absence d’innovation peut condamner un titre à l’indifférence. Dans un marché où les communautés sont déjà consolidées, difficile d’imaginer un avenir radieux pour une proposition aussi peu différenciante.
Gauntlet, un souffle d’originalité dans Battlefield 6
Malgré tout, RedSec n’est pas dépourvu de qualités. Il s’éloigne cependant de l’essence même de la série Battlefield, ce qui peut désorienter les puristes. Le mode Gauntlet, intégré à cette formule gratuite, apporte une touche de fraîcheur bienvenue. Plusieurs escouades de quatre joueurs s’affrontent sur des portions réduites de la carte, progressant à travers différentes manches. Le point d’orgue : un affrontement final où il s’agit d’éliminer totalement l’équipe adverse, sans possibilité de réapparition.
Ce format, condensé et rythmé, permet de conclure une partie d’environ vingt minutes avec une tension palpable. “J’ai beaucoup aimé les manches de Gauntlet où il faut avoir un maximum d’hexagones dans la zone en même temps.” Cette variante offre un terrain d’expérimentation plus dynamique, contrastant avec la rigidité du Battle Royale classique proposé par RedSec.




